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Menthe poivrée, menthe romaine, menthe anglaise (Mentha piperita), menthe douce, menthe verte (Mentha spicata ou viridis), menthe "eau de Cologne" (Mentha citrata). Menthe aquatique (Mentha aquatica) et menthe à longues feuilles (Mentha longifolia) poussent à l’état sauvage, menthe à feuilles rondes (Mentha rotundifolia) rassemble les menthes pomme et ananas. La menthe poivrée est née d’un croisement entre la menthe verte et la menthe aquatique, famille des labiées ou lamiacées.

 

 

La femme est une feuille de menthe :

Plus on la froisse, plus elle embaume

 

Proverbe français

 

Je dis que la mente est menteuse

Si lente elle est, et paresseuse

A tuer les vers dans le corps

Et les chasser viste dehors[1].

 

Anonyme

 

 

Son nom vient du latin mentha, emprunté au grec minthê. Piperata vient du latin Piper signifiant poivrier, à cause de son goût plus piquant que les autres variétés.

Chez les Romains, une variété de menthe était utilisée pour éloigner les puces, d’où son nom Mentha pulegium provenant du latin pulex (pauvre puce), elle devint la menthe Pouliot (Mintha puligium), plante répulsive aux insectes  comme d’ailleurs la plupart des menthes. On peut se frotter la peau avec des feuilles de menthe pour en éloigner les insectes.

On pense que la menthe poivrée est originaire du Moyen-Orient. Elle résulte d'une hybridation entre la menthe aquatique (Mentha aquatica) et la menthe verte (Mentha spicata). Les menthes se sont diffusées sur tout le globe jusqu’en Amérique, en Australie et au Japon.

Cinq siècles av. J.-C., les Babyloniens la distillaient pour en faire un concentré digestif. La menthe est déjà connue par les hébreux qui en préparaient un breuvage sacré, d’où les reproches que Jésus adressa aux scribes et Pharisiens qui dépensaient sans compter pour s’en procurer et négligeaient la justice et la miséricorde. Cultivée depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales (antispasmodique, aphrodisiaque et analgésique), on l’a retrouvée dans un tombeau égyptien datant de l’an 1000 av. J.-C.

Dans la mythologie grecque, Minthe était une nymphe qui séduisit le Dieu Pluton, mais la femme de celui-ci la transforma en plant de menthe ; comme Pluton ne pouvait pas la ramener à la vie, il lui donna le parfum de la menthe que l’on connaît bien. Selon une autre version, l’épouse de Pluton, Perséphone, furieuse de les surprendre en plein ébats amoureux, piétina Minthe jusqu’à la réduire en miettes. En souvenir de cette dernière, les jeunes filles grecques avaient coutume de tresser leur couronne de mariée avec des rameaux de menthe, qui seront détrônés plus tard par le myrte dédié à Vénus. Chacune d’elle se métamorphosa en un plant de menthe. Comme une plainte, un parfum délicieux s’en exhale dès qu’on l’écrase[2]. Par la suite, Déméter, mère de Perséphone la condamna à ne plus porter de fruits d’où la double réputation de la menthe : d’une part considérée comme empêchant la stérilité et d’autre part associée à la sexualité. Les soldats grecs ne devaient pas en manger car elle était considérée comme un stimulant sexuel.

Une vieille tradition dit que la femme qui a ses règles ne doit pas approcher de la menthe car celle-ci périrait de ce voisinage. Les Romains aromatisaient leur vin à la menthe et l’incorporaient à la plupart de leurs sauces. Les femmes mâchaient une pâte faite de menthe et de miel pour avoir l’haleine fraîche et masquer l’odeur du vin qu’elles buvaient en cachette ; à cette époque, celles qui buvaient des breuvages réservés aux hommes ou aux dieux étaient condamnées à mort. Les Romains pensaient qu’appliquer de la menthe sur les organes sexuels de la femme nuisait à la conception. C’est aux Romains que les Européens doivent la menthe verte en épis, et les Anglais leur sauce à la menthe.

Les jeunes mariés en portaient des couronnes tout comme les étudiants romains, car la menthe passait pour favoriser le travail intellectuel et réjouir l'âme. Pline recommande à ceux qui étudient de s’entourer la tête d’une couronne de menthe tressée car elle « réjouit l’âme et est bonne pour l’esprit ». Il en déconseille l’usage aux amoureux parce que, comme Hippocrate et Aristote, il la juge « contraire à la génération ». Il écrit également qu’« elle aiguillonne l’esprit et suscite un grand désir de viandes ». Pour la rate, il indique une recette spéciale : « la menthe guérit […] la rate si on la goûte au jardin et si en y mordant, on déclare qu’on se guérit la rate et cela pendant neuf jours »[3]. Les Romains interdisaient l’usage de la menthe à leurs soldats à cause de ses propriétés "perturbatrices". Les Grecs en faisait un parfum et froissaient des feuilles de menthe sur les tables en signe d’hospitalité. Ils interdisaient également à leurs soldats d’en consommer, car elle était censée tant inciter l’amour qu’elle diminuait le courage.

Au Japon, on pratique l’extraction du menthol (essence de menthe) depuis plus de deux mille ans. Au cours des sacrifices, les druides brûlaient des feuilles de menthe pour éloigner les mauvais génies. Des siècles plus tard, dans le Gard, un bouquet de menthe et de millepertuis cueilli la veille de la Saint-Jean était placé dans un endroit visible de la maison afin d’éloigner les sorciers. Il existait une vieille recette de purification pour les lieux empreints d’influence négative : il suffisait de se munir d’eau salée, exposée préalablement trois nuits de suite aux rayons de la lune descendante, ainsi que d’une verge constituée de trois brins de menthe sauvage, deux brins de menthe crispée, un brin de menthe aquatique, un brin de romarin. La verge sert d’aspersoir pour purifier le lieu.

Dans la tradition populaire, la menthe concentrée permet de teindre en vert. Charlemagne, dans ses capitulaires, imposa la culture de la menthe pour ses vertus médicinales. Au Moyen Age, les barbiers, apothicaires et chirurgiens – constitués d’une seule personne dans la plupart des cas – administraient un mélange d’opium et de menthe pilée aux personnes souffrantes, en guise de calmant. Au XVIIIème siècle, les chirurgiens recommandaient aux marins et aux passagers de se munir de menthe fraîche broyée dans un peu d’huile pour s’en frotter l’intérieur des narines, en guise d’antiseptique.

En Inde, "l’homme au parfum" tient dans sa main toute une gamme de bâtonnets de bambou terminés par un coton imbibé de senteurs. Au matin du mariage, il vient badigeonner la pomme d’Adam, le nombril et les aisselles du futur époux avec de la menthe car les femmes indiennes, au cours de l’étreinte amoureuse, aiment se frotter le nez à ces endroits.

Selon une tradition, les jeunes filles qui voulaient savoir qui serait leur époux confectionnaient un gâteau avec de la menthe et quelques herbes aromatiques et devaient le manger le soir sans boire. Ensuite, elles devaient se coucher en suspendant autour de leur cou trois sachets, l’un avec une fleur blanche, l’autre avec une fleur rouge et le dernier avec une fleur jaune. Au réveil, elles tiraient au sort l’un des sachets : si la fleur était blanche, ce serait un jeune homme, si elle était rouge, ce serait un homme mûr et si elle était jaune, un veuf. En Océanie, un homme qui se frotte la main avec des feuilles de menthe puis touche la femme convoitée, a toutes les chances de la conquérir.

Son odeur caractéristique chasse les rats et les autres vermines. La menthe introduite dans les taies d’oreiller est connue pour favoriser le sommeil ou pour provoquer les rêves prémonitoires. Quelques feuilles de menthe fraîche posées au fond d’un vase font durer le bouquet plus longtemps.

C’est le menthol qui donne à la plante son odeur et son goût particuliers. Le menthol est un antiseptique, un antispasmodique et un analgésique ; c’est dans la menthe poivrée que la quantité de menthol est la plus élevée. Les Amérindiens avaient découverts les propriétés de la menthe des champs qui poussait à l’état sauvage en Amérique du nord, et s’en servaient en infusion contre la fièvre. En France, elle avait la réputation de faire passer la fièvre à condition de lui faire des offrandes. Selon une recette béarnaise, il fallait arracher sept pieds de menthe sauvage puis s'agenouiller et leur jeter cinq, sept ou neuf miettes de pain et autant de grain de sel en disant : « Bonjour, je te salue Mendras, j'ai de la fièvre et tu ne l'as pas, je te porte du pain et du sel pour que tu guérisses mon mal ». Cette opération était à répéter sept fois de suite. Pour calmer la fièvre dans les Pyrénées, on déposait du pain et du sel sur un pied de menthe pendant trois jours de suite, tandis qu'en Gascogne, le fiévreux offrait à la plante outre le sel, du poivre et du vin.

Dans d’autres parties du monde, des rites analogues servaient à la guérison. Aux Etats-Unis au siècle dernier, des bracelets de menthe poivrée protégeaient les enfants de la rougeole. Dans le Poitou, des feuilles de menthe placées dans un lit en chassaient les insectes.

La légende chrétienne a méprisé cette plante et a essayé d'expliquer pourquoi elle n'avait pas de graines : la vierge et son fils cachés sous le blé furent poursuivis par Hérode, qui demanda en vain au paysan s'il avait vus ces derniers ; mais la menthe vendit la mèche, heureusement trop bas pour avoir été entendue, et la vierge lui dit : « Tu es menthe et tu mentira toujours, tu fleuriras mais tu n'auras pas de graines ». Dans les Abruzzes italiennes comme dans le Tessin suisse, les femmes, qui rencontrent sur leur chemin une touffe de menthe, en froissent une feuille dans leurs mains, attendant de ce procédé que Jésus les assiste le jour de leur mort.

Dans les pays arabes, l’eau est purifiée avec de la menthe. Elle est conservée dans des jarres pendant plusieurs jours parce que la menthe ajoutée enraye le développement des bactéries et rend l’eau plus désaltérante. En Amérique du Sud, elle porte le nom de "plante de l’humilité" à cause des fleurs cachées sous ses feuilles.

Les Arabes boivent à toute heure de la journée un verre de thé à la menthe bien chaud et très sucré. Les Anglais l’utilisent dans leurs fameuses sauces et gelées à la menthe. Au Moyen-Orient et en Afrique, elle parfume le thé, les salades, les yaourts, les pâtisseries à base de fromage frais, etc. En Inde, on l’ajoute aux chutneys et aux plats épicés, ainsi que dans les biryanis.

Certains naturopathes affirment que les propriétés antivirales contenues dans la menthe douce peuvent enrayer la progression de l’herpès à raison de deux infusions par jour. Elle est reconnue apaisante pour les troubles digestifs, les coliques, les calculs biliaires.

 



[1] Poème anonyme diffusé par l’école de Salerne.

[2] D’après site Internet : http:// www.saveurs.sympatico.ca/ency_1/menthe.
[3] Pline, XX, LIII, 151.

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